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Vous avez trouvé une chauve-souris blessée :
Le tout premier réflexe est d’être sûr que l’animal est bien en danger.
Une chauve-souris au sol, dans un caniveau, au pied d’un mur, ou en plein soleil est très probablement en péril. En revanche une chauve-souris paisiblement accrochée entre deux chevrons sous une avancée de toit est dans son élément naturel et c’est certainement un Murin à oreilles échancrées.
Dans le cas d’un animal blessé munissez vous tout d’abord d’une paire de gants épais (type gants de jardinage) et transférez délicatement le petit animal dans une boite bien fermée type boite à chaussure, il n’est pas utile de faire des trous dans le couvercle. Si vous n’avez pas de gants vous pouvez pousser la chauve-souris vers une plaque de carton qui vous servira de ramasse chauve-souris. Soyez délicat, l’animal est fragile. Vous pouvez placer dans la boite un petit abreuvoir (couvercle de petit pot avec une cuillère à soupe d’eau dedans). Placez là au frais (cave, appentis…) et contactez au plus vite un centre de soins spécialisé ou un membre du réseau chiroptères figurant sur la page réseau du site.

Jeune pipistrelle
Vous avez trouvé un bébé chauve-souris abandonné
La présence d’un pelage dorsal long et fourni doit orienter vers un animal adulte, affaibli ou blessé. Pour un vrai bébé, gris-rose au poil bien ras, le mieux est toujours de tenter de le replacer au sein de sa colonie, souvent à l’aplomb du lieu de découverte, car sa mère n’est jamais bien loin. Pour les Pipistrelles, le trou d’envol est identifiable par les petites crottes noires qui en constellent les abords. Le jeune placé à quelques centimètres du trou remontera de lui-même sous le toit d’où il est tombé. Les petits dont on ne retrouve pas la colonie doivent être acheminés vers un centre de soin.
La toute petite taille des Pipistrelles surprend et à toute période de l’année elles risquent d'être qualifiées de bébés. Il faut savoir que les jeunes non volants ne se rencontrent qu'aux mois de juin et juillet.
| DES NOUVELLES DU CENTRE DE SOINS | ||
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Nous avons reçu dernièrement deux Murins de Bechstein, une espèce que l’on a rarement la chance de voir dans la nature et encore plus rarement au centre de soins du muséum. Tous deux avaient été capturés par des chats - un phénomène aussi récurrent que problématique - l’un en provenance d’un milieu de grande culture, l’autre dans une cour de l’hyper centre de Bourges. Preuves que cette espèce est plus fréquente qu’on ne le croit. Les deux individus ont montré des comportements très similaires : une capacité à chasser seuls les insectes vivants, même pour celui handicapé par une fracture de l’avant-bras. L’autre attitude commune était de préférer un accrochage suspendu dans le vide, tête en bas. L’un des deux Murins de Bechstein a succombé à ses blessures au bout de 15 jours, le second a été relâché dans les mêmes délais sur les lieux de sa découverte, en pleine forme. |
En 2012, le centre de soin du muséum a reçu 132 chauves-souris de 9 espèces, c’est un record ! Un groupe de 82 noctules, récupéré sur un chantier et gardé pendant toute une vague de froid, a certes modifié nos statistiques habituelles. Les conditions polaires de février 2012 nous ont également amené 12 autres chauves-souris épuisées. Les chats arrivent en 3ème position des causes d’accidents, puis viennent les enfermements involontaires dans des pièces avec des animaux parfois moribonds. Au total 103 ont été remises en liberté, 22 sont mortes en soins, et trois sont toujours en pension y compris une femelle de Grand murin recueillie en février 2012 avec des signes de syndrome du nez blanc sur le museau et tout le patagium de l’aile gauche absent. En ce qui concerne les espèces, les pipistrelles communes arrivent en seconde position après les noctules communes avec 23 individus, plus étonnant la hausse constante au fil des ans des pipistrelles de Kuhl qui prennent la 3ème place avec 10 accidentées. Deux Murins de Bechstein, tous les deux capturés par des chats, ont également séjourné au centre plus d’un mois. L’un est mort, l’autre a pu être remis dans la nature en pleine forme. Et pour nourrir ce petit monde, il a fallu 3,5 kilos de vers de farine géants de type morio… et beaucoup de patience. |
Pour redonner aux chauves-souris en soins des conditions proches de celles de la nature (et aussi pour limiter les consommations en vers de farine), une fois l’automne bien installé, nous provoquons l’hibernation des patientes, sur de courtes périodes hebdomadaires. Les espèces reproduisent des comportements forts différents, les pipistrelles et sérotines s’endorment dès que la température passe sous la barre des 18°C, les Myotis comme les Grands murins refusent de dormir tant qu’ils ne sont pas à moins de 14°C. Les exigences en hygrométrie apparaissent aussi différentes : les espèces non cavernicoles n’apprécient pas la saturation en humidité du milieu, alors que les cavernicoles la recherchent. Ces constatations correspondent à celles connues dans la nature mais l’observation des animaux en soins au fil des ans permet aussi de faire des découvertes ou d’affiner le ressenti des naturalistes sur le terrain. |
