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Etudes : synthèse des colonies de chauves-souris de la ville de Bourges

Petit rhinolophe à Bourges

Dans le cadre d'une meilleure connaissance de la biodiversité urbaine, le muséum s'est lancé dans un vaste bilan qui reprend 30 ans de prospections sur les colonies de chauves-souris de la ville de Bourges. Cette synthèse ne devait initialement concerner que les nurseries de pipistrelle commune (et il y en a déjà près de 70 !) mais nous avons vite senti que le projet pouvait aller plus loin et nous y avons ajouté les caves du centre historique utilisées par le Petit rhinolophe. Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Nous avons donc poussé le bilan encore un peu plus loin et repris toutes les colonies connues, toutes espèces confondues. Nous devrions maintenant dépasser 120 sites occupés par 10 espèces sur le territoire communal. La cartographie est entamée avec l’appui du SIG et l'équipe technique informatique donnant un gros coup de main. 

Le but final est maintenant de voir si  les Trames Vertes ressortent pour les Noctules ou les pipistrelles, les Bleues pour le Murin de Daubenton ou les Noires pour le Petit rhinolophe ou la Barbastelle. Pour les chauves-souris, quels sont les enjeux par rapport aux espaces verts, aux jardins, aux cours d'eau, aux marais, à l'illumination publique ? Bref, quand tout sera cartographié, en superposant avec les différentes couches lampadaires, arbres en ville, ou jardins, nous allons sans doute faire de belles découvertes pour mieux prendre en compte ces espèces dans le plan de gestion urbain de la Ville de Bourges. Pour les curieux, les premières cartes disponibles pour le petit rhinolophe et la pipistrelle commune sont accessibles sur internet.
 
Lien vers l'Atlas de la biodiversité à Bourges
 
Lien vers la Cartographie des observations
 

Etudes : rythme journalier d'une colonie de Sérotines (nouvelles de 2016)

Equipe de l'AFSSA injectant une puce sur une Sérotine

Pour pouvoir mieux comprendre les éventuels transferts d’individus qui peuvent s’effectuer entre colonies proches de sérotine commune, comme pour appréhender la longévité de cette espèce de chauve-souris anthropophile, il a été décidé en 2009 d’équiper une cinquantaine d’individus, issus de trois colonies du Cher, d'un transpondeur (micro-puce électronique injectée sous la peau de l’animal). Initiée par l’ANSES et le muséum de Bourges, l’étude entame sa huitième année de suivi et sur les trois sites, il reste encore 6 femelles équipées.

La colonie la plus importante, située à Saint-Amand-Montrond, continue de donner le plus d’informations ; c’est aussi celle où 24 chauves-souris avaient été dotées de puces. En août 2013, il restait encore huit femelles présentes. Sur les quatre survivantes de 2016, la dernière a quitté sa maison de la route du Pondy le 20 octobre. La fidélité au gîte de cette espèce est confirmée par cette étude et, au fil des ans, chaque absence au printemps semble bien être définitive, probablement liée à la mort de l’animal, car aucun n’est jamais réapparu ensuite. A Baugy il reste toujours deux bêtes équipées mais plus aucune n'a pu être repérée dans la colonie de Saint-Loup-des-Chaumes.

Les différents propriétaires et bénévoles impliqués par cette étude ont été indispensables à la conduite de cette aventure au long cours que nous continuerons jusqu'à l'extinction du dernier bip car la pose de transpondeur est fort traumatisante pour les animaux. Au niveau de l’éthique, c'est le minimum que nous devions aux sérotines capturées et marquées.

Etudes : le guano, une mine d’or d’informations

Les chauves-souris laissent tomber sous leurs colonies des crottes qui s’amoncèlent parfois jusqu’à former de jolies pyramides. Beaucoup savent que c’est un puissant et excellent engrais (1 cuillère à soupe par litre d’arrosage pour les plantes d’appartement ou 1 litre par an en volume, pour un mètre carré de potager). Mais le guano peut aussi servir à autre chose, une méthode douce pour étudier les colonies de mise-bas et comprendre un peu plus leurs évolutions démographiques.
Sur une série de colonies de Sérotines communes, le muséum a récolté cet hiver l’intégralité des déjections produites dans leur gîte l’été précédent. L’ensemble a été méticuleusement tamisé pour y rechercher la présence de cadavres, de l’embryon avorté au juvénile quasi volant. Les animaux ont été mesurés et classés par âge. Nous pouvons ainsi constater la mortalité juvénile avant la sortie de gîte et comparer les colonies entre elles.

Il est curieux de constater que chez la même espèce - la Sérotine commune - certaines colonies du Cher se sont reproduites sans mortalité, alors que d’autres, à quelques dizaines de kilomètres, ont perdu environ 15% de leurs petits.
Le guano est ensuite pesé, ce qui permet de mieux connaître l’appropriation d’un aménagement réalisé pour ces mammifères quand on les confine dans une partie des combles pour limiter la dispersion des crottes.

Etudes : incidence de la lumière sur les chauves-souris

Chacun sait que les chauves-souris sont des espèces nocturnes et qu’elles attendent patiemment que la nuit soit tombée pour reprendre leurs activités. Si la chauve-souris n’apprécie pas la lumière, elle n'est pas aveugle pour autant et sa sensibilité est même plus grande que la nôtre quand la lumière devient très faible.

Pour mieux appréhender le comportement de ces animaux face aux éclairages, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) associé au muséum de Bourges étudie depuis le mois d’avril une soixantaine de colonies de quatre espèces réparties sur l’ensemble du département du Cher. Les espèces retenues montrent une tolérance à la lumière bien différente : les sérotines communes et les pipistrelles communes sont peu lucifuges, les petits rhinolophes et les barbastelles évitent autant que faire se peut le moindre éclairage.

Ce n’est pas non plus un hasard si c’est dans le Cher que se tiendra l’étude : avec 1140 colonies recensées toutes espèces confondues (un record en Europe), il y avait le choix pour que les statisticiens du muséum national puissent sélectionner des échantillonnages représentatifs. L’étude se déroulera en deux temps : d’abord le niveau de lumière artificielle autour de chaque colonie de mise-bas sera mesuré au luxmètre par une nuit sans lune ; puis des détecteurs d’ultrasons automatisés enregistreront les signaux acoustiques des chauves-souris quittant leur gîte dans des environnements paysagers et lumineux différents. 

Eclairage de l'église de Saint-Eloy-de-Gy

Vol de chauves-souris à la lumière d'un lampadaire

Cette vaste étude s’inscrit dans le cadre d’un programme lancé par le MNHN. Elle ne pourrait une fois de plus se dérouler sans la participation active de tous les propriétaires de colonies et permettra de mieux appréhender à partir de quel seuil d’éclairage artificiel il est possible de noter une influence sur l’heure de la sortie des chauves-souris.
Observe-t-on des changements de comportement face aux différents types d’éclairage, qu’ils soient naturels, comme celui de la lune, ou artificiels ? Y a-t-il des variations du comportement lucifuge au sein des espèces étudiées ?

Le programme se déroulera jusqu’en septembre 2014 et promet de longues nuits sous les étoiles pour toute les équipes impliquées.

Voir la liste de l'ensemble des publications chauves-souris du muséum

Sérotines communes, juvéniles et adultes

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