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L’éléphant Hans

Hans l'éléphant du muséum de Bourges

Comme de nombreux muséums en France ou à l'étranger, le Muséum de Bourges possède un éléphant naturalisé : un mâle asiatique plutôt petit que sa restauration a rendu sans âge. Spectaculaire, certes, mais pas plus que n'importe quel autre éléphant. Un spécimen parmi d'autres, en somme...

Pourtant, en 2003, le Muséum de Bourges avec le concours du laboratoire Mammifères & Oiseaux du Muséum National d'Histoire Naturelle, a pu établir que cet éléphant d'apparence si ordinaire ne l'était pas tant.

En effet le spécimen du Muséum de Bourges n'est rien de moins que :

  • la plus ancienne naturalisation d'éléphant encore existante en France ;
  • le fameux Hans, le mâle d'un couple confisqué à la Hollande en 1795 et qui fit grande sensation à la Ménagerie du Jardin des Plantes.


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Le kouprey, un bœuf asiatique exceptionnel

Le Kouprey du muséum de Bourges

Un bovidé est arrivé à la ménagerie du jardin des plantes de Paris en 1871. Après sa mort, il a été naturalisé au Muséum National d'Histoire Naturelle, avant d'être confié en 1931 à celui de Bourges.
Son intitulé : « Boeuf du Cambodge, don du ministre de la marine ».

Ce n'est qu'en octobre 2003 que ce boeuf a suscité des interrogations. En effet, lors du colloque de mammalogie organisé à Bourges cette année-là, le responsable des collections du Muséum national s'est trouvé intrigué par ce boeuf ne ressemblant à aucun spécimen qu'il connaissait.
Suite à cet avis, le muséum de Bourges a décidé de s'intéresser à l'identité de cet animal. Une analyse ADN a permis d'identifier ce boeuf : c'est un kouprey de sexe mâle.

Le kouprey est une espèce de boeuf sauvage du Cambodge. Il se situait dans les forêts claires du Nord et de l'est du Cambodge, voire au-delà de ses frontières vers la Thaïlande, le Laos ou encore le Vietnam.
Aucun spécimen vivant n'a été observé depuis longtemps, il est possible que l'espèce soit éteinte.
Ce kouprey est certainement le seul spécimen naturalisé dans le monde. Seuls des trophées, peaux tannées et quelques rares photos authentifiées existent.

La comparaison avec les koupreys mâles décrits dans la littérature révèle pourtant d'importantes différences :

  • taille,
  • couleur de pelage,
  • forme de cornes.

Les spécialistes émettent l'hypothèse que le kouprey de Bourges aurait été domestiqué au Cambodge, ce qui n'était pas une pratique connue jusqu'à aujourd'hui.

Un hibou grand duc

Hibou grand-duc

Le 30 décembre 2011, entre le Chatelet et Châteaumeillant, au sud du département du Cher, un Hibou grand-duc est tué par une automobile. Il est récupéré par un naturaliste avisé et amené au muséum. Suite à une expertise du spécialiste de l’espèce, Adrian Aebischer - un collègue Suisse du muséum de Fribourg - l’âge de l’oiseau a été estimé à probablement deux ans. L’oiseau se révèle d’un grand intérêt car c’est la première donnée pour le département du Cher et son stade d’adulte peut faire espérer que cet individu ait trouvé un territoire favorable et, éventuellement, un partenaire. L’espèce étant connue nicheuse dans l’Allier et la Creuse, une colonisation du Cher est probablement en cours.

Un adhérent de la LPO-Cher a trouvé un second spécimen, un juvénile cette fois, mort quelques semaines plus tard, le 5 février 2012, et de nouveau victime d’une collision avec un véhicule, sur la commune d’Arçay. Celui-ci ne confirme pas forcément la présence pérenne de l’espèce dans le Cher car les jeunes sont trop erratiques en hiver.

Plus grand rapace nocturne d’Europe, le hibou grand-duc (Bubo bubo) approche les 2m d’envergure et peut peser 4 kg. C’est un oiseau de falaise qui peut aussi nicher au sol. Super prédateur éclectique, il s’attaque même aux faucons pèlerins, aux renards ou aux fouines, tout comme aux  rongeurs, hérissons et même aux insectes. Longtemps persécuté par les pièges à poteaux, il a ensuite servi d’appelant pour que les chasseurs tirent les autres oiseaux qui l’approchaient. Il est maintenant protégé ce qui ne l’empêche pas d’être victime des lignes électriques, des barbelés, d’empoisonnements, de délit de chasse et de collisions routières.

L’adulte fait maintenant partie de la collection ornithologique du muséum de Bourges. Naturalisé par l’équipe de Damien Barbary, le taxidermiste solognot qui a réalisé une partie des pièces de la salle de la biodiversité, il rejoindra les réserves auprès de la prestigieuse collection Becquet. En fin d’année 2013, il devrait obtenir la labellisation « collection musée de France », compte tenu de son intérêt, et ainsi intégrer le patrimoine national.

La quinciite (ou quincyte)

Dispersée dans les calcaires de Mehun-sur-Yèvre, la quincyte est une variété de sépiolite (espèce minérale du groupe des argiles), d’une couleur rose carmin due à un pigment rouge d’origine végétale : une perylène-quinone (Brousse 2012).

Les seuls gisements connus au monde sont ceux situés dans le Cher, dans la région de Quincy et Mehun, dans un rayon très localisé de trois à quatre kilomètres. Elle se serait formée au sein des calcaires lacustres du Berry, il y a au plus 35.5 millions d’années.

L’opale rose des gemmologues est en fait une silicification d’opale colorée par des inclusions de quinciite.

Sa valeur est due, bien sûr, à sa rareté car seul un faible pourcentage de la roche est composé de quinciite vraie.

Au XIXe siècle elle fut exploitée pour la bijouterie.

Le muséum de Bourges en possède un échantillon exceptionnel.

Echantillon de quincyte du muséum de Bourges

Pour en savoir plus :
Brousse A. (2012). La quinciite et l’opale associée des calcaires lacustres de la région du Quincy, Berry (Cher). SAGA Information, n°316. http://www.saga-geol.asso.fr/Documents/Saga_316_Quincite.pdf

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